Deux années de projets d’éducation socioculturelle au LPA de Wallis-et-Futuna

Avec les élèves de la classe de Terminale bac professionnel SAPAT (service aux personnes et aux territoires) et CGEA ( conduite et gestion d'une exploitation agricole) du lycée professionnel agricole de Wallis-et-Futuna

L’Education socioculturelle a 50 ans…elle arrive enfin à Wallis-et-Futuna !

Février 2016 : ouverture du poste d’ESC dans cette collectivité d’outre-mer la plus éloignée de la métropole. Sont présentées dans cet article les actions culturelles menées durant ces deux dernières années avec la classe de Terminale Bac Pro CGEA-SAPAT.

Le contexte est bien différent de celui de l’hexagone car pas de structure culturelle, pas de cinéma, pas de financement régional. Les projets conduits le sont malgré tout avec des partenaires locaux, avec un financement a minima et avec beaucoup de bonne volonté et de générosité des différents partenaires : qu’ils en soient ici remerciés.

Jeunesse fière de sa culture : expression corporelle et musicale

L’importance des chants, danses et musiques traditionnelles interpelle dès l’arrivée sur le territoire. Et cela, dans nombre de situations de la vie quotidienne. Un sondage auprès de la classe a vite révélé l’intérêt des jeunes pour ce champ artistique patrimonial. Un appui technique du Service Territorial Jeunesse et Sport a permis de travailler avec une association de musiciens locaux, TAOFI FAIVA. Un partenaire idéal pour pratiquer et concevoir un spectacle mais aussi pour mieux comprendre l’importance des chants et danses dans la transmission culturelle intergénérationnelle, ainsi que leur signification dans la structuration de cette société océanienne.

La vie sociale à Wallis-et-Futuna s’articule autour de trois piliers constitutifs que sont l’Eglise catholique, la Coutume, la République. Chaque événement s’y rattachant est accompagné de chants et danses, présentés par les communautés villageoises, autour de la traditionnelle cérémonie du Kava et son rituel bien orchestré.

Sur une quinzaine d’heures, les jeunes ont ainsi conçu et réalisé un spectacle, sous la conduite des musiciens, présenté au lycée agricole lors des journées du patrimoine en septembre 2016, inaugurant ainsi l’arrivée de l’éducation culturelle au LPA de Wallis-et-Futuna.

Regards sur l’agriculture familiale de Wallis-et-Futuna : expression photographique

L’agriculture de l’archipel, à 80 % vivrière, est empreinte de rituels coutumiers et religieux. Ici, on produit pour auto-consommer et faire vivre sa famille, mais aussi pour satisfaire aux besoins coutumiers d’offrandes lors des fêtes religieuses, nombreuses, qui ponctuent la vie des îles tout au long de l’année.

L’organisation agricole est indissociable de la temporalité religieuse, on parle de calendrier agro-liturgique. La structuration du foncier est aussi conçue pour répondre aux besoins familiaux et aux dons pour le collectif coutumier. Les rôles respectifs des femmes et des hommes sont définis dans une organisation collective sans faille.

L’absence totale d’intrants chimiques rajoutée à cette organisation foncière et sociale sont des atouts indéniables de durabilité sociale et environnementale de l’agriculture du fenua.

Un livret photographique

Un livret photographique, a été réalisé collectivement. Il est l’émanation du regard porté par les jeunes wallisiens et futuniens sur ces pratiques ancestrales, dans leurs familles et leurs villages. Ce travail leur a permis de porter un regard distancié sur leurs habitudes agricoles et cultuelles, de développer leurs capacités photographiques et d’harmoniser leurs regards individuels en un regard plus global et fédérateur.

Grâce au Projet INTEGRE (Initiative des Territoires pour la Gestion Régionale de l’Environnement), le livret a pu être édité et diffusé lors du Colloque Agriculture biologique, organisé à Wallis en octobre 2017. Etaient présents une centaine de spécialistes de la Communauté du Pacifique Sud (Samoa, Vanuatu, Fidji, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française) et les chefs coutumiers de Wallis-et-Futuna.

 

Un partenariat solide et efficace de bout en bout qui a permis de lier les trois services du territoire, Agriculture – Culture – Environnement, dans une démarche fédératrice et cohérente.


Soutien financier : LPA de Wallis-et-Futuna et Projet INTEGRE

 

Partenaires : Les Services Territoriaux de la Culture et de l’Environnement, la Chambre d’Agriculture, et Sonia Drevet photographe.

 

+ infos :  Geneviève Ducournau  , LPA de Wallis-et-Futuna, genevieve.ducournau@educagri.fr