SAUVAGES 2026 : à Montpellier, la jeunesse agricole d’Occitanie fait sauter les clôtures
Avec les élèves de seize lycées agricoles publics d'Occitanie
Le 20 mai 2026, Montpellier accueillait une nouvelle édition du festival SAUVAGES, rendez-vous régional des projets artistiques et socioculturels des lycées agricoles d’Occitanie. Ateliers, radio en direct, sérigraphie collective et rencontres ont illustré une même ambition : faire des élèves les acteurs de leur propre culture.
Un festival qui rassemble toute une région
SAUVAGES n’est pas né d’hier. Avant d’adopter ce nom en 2019, le festival réunissait deux manifestations distinctes : Agrozikos en ex-Languedoc-Roussillon et Charivari en ex-Midi-Pyrénées. La création de la région Occitanie a permis de rassembler ces deux histoires dans un événement commun, devenu au fil des années un temps fort du réseau régional d’éducation socioculturelle.
Après une édition 2025 organisée au lycée de Fontlabour à Albi, qui avait réuni plus de 200 jeunes issus de treize établissements, c’est Montpellier qui accueillait cette année le festival. Dès l’affiche, aux couleurs vert fluo et bleu nuit, le ton était donné : SAUVAGES s’affiche moins comme un slogan que comme une invitation à sortir des cadres habituels.
Malgré l’éloignement géographique pour une partie des participants, seize lycées agricoles ont répondu présents. Derrière cette mobilisation se cache l’engagement des enseignants d’éducation socioculturelle, capables d’organiser des solutions de transport parfois complexes pour permettre aux élèves de vivre cette journée. Depuis Auch jusqu’à Montpellier, certains ont affrété un bus multipliant les arrêts afin de transporter plus de soixante participants venus de toute la région.
L’établissement hôte s’est également fortement mobilisé. L’équipe organisatrice, composée de la direction, d’enseignants, de la chargée de mission du Service régional de la formation et du développement de la DRAAF Occitanie et de treize élèves de l’ALESAM, a associé l’ensemble des services du lycée à la préparation de cette journée.
Une journée placée sous le signe de la pratique
Au total, 146 élèves ont participé à onze ateliers artistiques et participatifs.
Improvisation théâtrale, écriture, batik, linogravure, stop motion, DIY, loup-garou géant autour de la sécurité sociale alimentaire ou encore espaces plus libres sous la pinède : chacun pouvait circuler selon ses envies, expérimenter et rencontrer d’autres jeunes.
Des transats, une table de mandalas ou encore un dispositif de « porteurs de paroles » permettaient également de favoriser les échanges de manière simple et spontanée.
Cette diversité d’activités traduit l’identité du festival : proposer des espaces où les élèves expérimentent, créent et prennent des initiatives plutôt que de consommer une programmation culturelle.
affiches sérigraphiées par les élèves pendant le festival
Deux ateliers emblématiques : radio et sérigraphie
Parmi les propositions de cette édition, deux ateliers ont particulièrement illustré l’esprit de SAUVAGES.
Installé dans la cafétéria du lycée, l’atelier radio a permis aux élèves de découvrir les bases de la production radiophonique et de l’animation. Très vite, certains se sont révélés particulièrement à l’aise derrière le micro. L’émission réalisée au cours de la journée a été diffusée en direct sur Radio Campus avant d’être mise en ligne en podcast, donnant ainsi une visibilité aux projets et à la parole des lycéens bien au-delà du festival.
L’atelier sérigraphie proposait une autre manière de participer. Avec l’accompagnement des équipes du lycée Frédéric-Bazille, les élèves ont imprimé eux-mêmes les affiches du festival. L’affiche cessait d’être un simple support de communication pour devenir un objet fabriqué collectivement, fruit d’un geste partagé.
La force d'un réseau
Ces ateliers n’ont pas été imaginés au dernier moment. Ils sont le résultat d’un travail collectif conduit par plusieurs enseignants d’éducation socioculturelle issus de différents établissements de la région. Cette coopération est rendue possible par le réseau RECREA. Tout au long de l’année, les enseignants s’y retrouvent pour partager leurs pratiques, construire des formations et élaborer des projets communs.
Cette confiance construite au fil du temps constitue l’un des fondements du festival. Un événement de cette ampleur ne s’improvise pas : il repose sur des équipes qui se connaissent, expérimentent ensemble et mutualisent leurs compétences bien avant le jour J.
Décloisonner les pratiques culturelles
L’édition 2026 a également ouvert une nouvelle perspective en accueillant des représentants de la Protection judiciaire de la jeunesse, venus observer le festival. Leur présence laisse entrevoir de futures collaborations entre deux réseaux qui partagent une même conviction : l’art et la culture sont de puissants leviers d’émancipation lorsqu’ils s’appuient sur la pratique et la participation. Cette logique de décloisonnement traverse d’ailleurs l’ensemble du festival.
À SAUVAGES, la sérigraphie ne consiste pas seulement à regarder une affiche, mais à l’imprimer. La radio ne se résume pas à écouter une émission, mais à prendre la parole. Les ateliers d’écriture, de gravure, de cinéma ou de théâtre invitent tous les participants à créer plutôt qu’à recevoir. Depuis ses origines, le festival défend cette même idée : faire des élèves les auteurs de leur propre culture.
Le rendez-vous est d’ores et déjà fixé : le festival SAUVAGES 2027 se déroulera le 12 mai prochain au lycée agricole d’Ondes, où les hangars de l’exploitation agricole deviendront, le temps d’une journée, un nouvel espace de création, de rencontres et d’expérimentations.
en savoir +
L’émission enregistrée pendant le festival en partenariat avec Radio Campus Montpellier
https://www.radiocampusmontpellier.fr/podcast/festival-sauvages-2026/?t=1781700730162
Partenaires et soutiens
DRAAF Occitanie, Réseau Récréa, Lycée agricole Frédéric Bazille, établissements d’enseignement agricole et ALESA de la région
+ d’infos
Latefa Bounzel, enseignante d’éducation socioculturelle latefa.bounzel@educagri.fr