Guinguette Chic mène la danse sur le stade du lycée

Avec les élèves du Campus Vert d’Azur d’Antibes et l’ALESA

Pour la deuxième année consécutive, la compagnie Art Vivace a transformé le stade du Campus Vert d’Azur d’Antibes en piste de bal populaire. Entre découverte artistique, engagement des élèves et réflexion sur la participation culturelle des jeunes, cette Guinguette Chic a offert un temps de rencontre singulier entre artistes, apprenants et communauté éducative.

Un bal populaire au cœur du lycée

Il est des rendez-vous qui répondent à un désir simple mais essentiel : celui de se retrouver. Le temps d’une après-midi et d’une soirée, la compagnie Art Vivace, basée à Nice et dirigée par l’artiste, danseur et compositeur Cédric Gonnet, a posé ses valises sur la pelouse du Campus Vert d’Azur d’Antibes pour faire vivre la deuxième édition de sa Guinguette Chic.

Après une première expérience réussie en mai 2025, l’année 2026 a confirmé l’envie de poursuivre cette aventure culturelle au sein de l’établissement. Six artistes-musiciens ont insufflé leur énergie communicative à un événement pensé comme un espace de rencontre et de partage. Violon, accordéon, graille catalane, mondoloncelle, guitare, batterie et chant ont rapidement créé une atmosphère propice à l’évasion et à la participation.

Bien plus qu’un simple concert, la proposition artistique de la compagnie invite le public à entrer dans la danse, à s’approprier l’espace et à vivre une expérience collective hors du temps.

Préparer le terrain : sensibiliser et impliquer les élèves

Un mois avant le bal, les artistes sont intervenus au lycée lors d’une demi-journée de rencontre avec quatre classes, des secondes professionnelles aux étudiants de BTS. Cette première étape avait pour objectif de faire découvrir leur univers artistique, de sensibiliser les jeunes à leur répertoire et de les initier aux codes de cette forme de bal participatif.

À la suite de cette rencontre, une vingtaine d’élèves volontaires ont été désignés « ambassadeurs du bal ». Avec l’accord de la direction, ils ont bénéficié d’un aménagement de leur emploi du temps afin de participer activement à l’organisation de l’événement. Montage de la scène, installation des barnums prêtés par les services municipaux, mise en place de la signalétique, préparation des loges, organisation du buffet : les missions ont été nombreuses. Les élus de l’ALESA ont également assuré la tenue de la buvette, permettant ainsi de soutenir les actions de l’association.

Cette implication a permis aux élèves de découvrir l’envers du décor d’un événement culturel et d’expérimenter différentes responsabilités liées à sa mise en œuvre.

Le temps du bal : quand le public devient acteur

À 18 heures, tout était prêt. La soirée a débuté avec une surprise : trois lycéens issus du club musique ont ouvert la scène en proposant un set de rock psychédélique aux sonorités hypnotiques.

Après cette première partie, Art Vivace a pris le relais. Peu à peu, les frontières entre scène et public se sont estompées. Assis dans l’herbe, debout, curieux ou déjà danseurs, les participants ont créé leur propre espace de jeu et sont devenus les acteurs d’un bal aussi rocambolesque que généreux.

La compagnie place en effet l’interaction au cœur de sa démarche artistique. À travers la danse, elle cherche à recréer des liens humains simples et directs, fondés sur le plaisir d’être ensemble. Habituée à travailler aussi bien avec des instituts médico-éducatifs qu’avec des structures de la petite enfance dans le cadre des « 1000 premiers jours », elle développe une approche inclusive qui s’adresse à tous les publics.

Une expérience riche qui interroge la mobilisation collective

Si la soirée a tenu ses promesses sur le plan artistique, elle a également soulevé plusieurs questionnements. Les artistes ont observé qu’il leur avait semblé plus difficile cette année de mobiliser pleinement le public lycéen. Lors de la première édition, la présence importante des étudiants de BTS avait contribué à entraîner davantage de participants dans la danse. Ces apprenants, souvent moins préoccupés par le regard des autres, semblaient entrer plus facilement dans l’univers proposé par la compagnie.

Cette observation invite à réfléchir aux conditions favorisant l’engagement des jeunes dans les projets culturels. Quels freins pourraient être davantage anticipés ? Comment renforcer l’appropriation du projet par l’ensemble de la communauté éducative ? Une mobilisation plus précoce et plus collective des équipes permettrait sans doute d’élargir encore la participation. Les artistes ont d’ailleurs rappelé la richesse des entrées pédagogiques offertes par leur intervention : découverte de l’économie du spectacle vivant, approche des métiers techniques de la régie, réflexion sur les parcours artistiques ou encore exploration de la dimension éducative et sociale de la création culturelle.

Au-delà du bal lui-même, cette Guinguette Chic confirme ainsi l’intérêt de faire entrer des artistes professionnels dans les établissements d’enseignement agricole pour créer des expériences collectives, sensibles et formatrices.


en savoir +

Guinguette Chic de la compagnie Art Vivace : https://artvivace.wixsite.com/spectacles

Partenaires et soutiens

ALESA du Campus Vert d’Azur d’Antibes, Compagnie Art Vivace (Nice), Services municipaux d’Antibes

+ d’infos

Elise Aracil, professeure d’éducation socioculturelle – elise.aracil@educagri.fr