L’éloquence au service de l’avenir de la planète

Avec les étudiant-e-s de BTS DATR (Développement, animation des territoires ruraux) du lycée Kyoto de Poitiers

Exp’OSE est un projet d’Education à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire, qui prend la forme d’un concours d’éloquence abordant les thèmes de l’Agenda 2030 pour le Développement Durable.

Objectif du concours : sensibiliser les jeunes à une citoyenneté mondiale

Coordonné par le Réseau Associatif pour le Développement et la Solidarité Internationale – Nouvelle-Aquitaine (RADSI Nouvelle-Aquitaine), ce concours vise à sensibiliser les jeunes aux objectifs du développement durable 2030 (ODD 2030), adoptés le 25 septembre 2015 par les chefs d’Etat et de Gouvernement réunis au Sommet du Développement Durable, à New York.

 

Dix-sept objectifs de développement durable sont alors fixés pour 2030, réunis autour de cinq grandes thématiques : Planète, Populations, Prospérité, Paix et Partenariats.

Quelques-uns des 17 ODD

Des thèmes et des ateliers

Le concours vise à accompagner les jeunes dans une réflexion sur cette feuille de route mondiale tout en créant du lien localement, grâce à des ateliers animés par des associations du territoire.

 

Ces ateliers aident les jeunes à développer des connaissances, à approfondir leurs réflexions et à argumenter autour des thèmes en lien avec les ODD.

 

Se questionner sur « quel monde pour 2030 ? » permet aux jeunes d’exposer leurs réflexions, leurs aspirations et leurs craintes, car la première étape du changement est avant tout l’expression du désir « conscient » de changement.

 

A l’issue de ces ateliers, les jeunes sont invités à élaborer une prestation collective.

 

Le sujet qui a été retenu pour cette promotion est : « Le développement durable, un tremplin pour réduire les inégalités et assurer la liberté ? »

L’éloquence : une technique pour penser et communiquer

Douze étudiant-e-s de BTSA Développe­ment, animation des territoires ruraux en 2ème année, du lycée Kyoto de Poi­tiers, ont participé à ce concours avec d’autres jeunes issus de lycées agricoles et/ou de Maisons Familiales et Rurales.

Un jury les évalue sur la manière d’argumenter leur propos, sur la fluidité de leur jeu, et leur façon d’évoluer sur scène.

 

Un directeur artistique d’une compagnie de théâtre, un membre de la LPO et la chargée de projet Exp’OSE ont dû se prononcer sur les trois étudiants de cette promotion pouvant prétendre à la finale du concours.

 

L’éloquence se pense comme une présence scénique globale : les étudiants doivent à la fois travailler leur discours, le rendre intéressant, capter l’attention du public, tout en ayant une présence corporelle, une fluidité dans leurs déplacements et dans leur gestuelle.

Partager une position individuelle au sein d’un collectif

La dynamique collective du trinôme est aussi un critère pris en compte pour départager les candidats : complicité et solidarité au sein de l’équipe, complémentarité et fluidité entre les différentes prises de paroles au service d’un parti pris assumé et de propositions réalistes.

 

Considérant que la somme des changements individuels ne contribue pas forcément à un changement collectif, il a été souhaité d’amener les jeunes à dialoguer, à échanger, à débattre et à coopérer en proposant une prestation collective.

 

Il s’agit ainsi de porter sa voix :

  • par un travail individuel, celui de se donner le droit d’exprimer son avis et d’assumer ses positions
  • par un travail collectif, celui de le mettre en regard avec celui des autres et d’en faire un avis partagé.

Un travail commencé un an plus tôt

L’enseignante d’édu­cation socioculturelle a pré­paré les étudiants à ce concours dès leur première année de BTSA, dans le cadre de deux modules :

 

  • le MIL (module d’initiative local) de l’EPL qui vise à s’approprier les enjeux citoyens actuels à l’échelle d’un territoire, une plaidoirie sur une thématique citoyenne sera l’occasion de défendre une position engagée ;

 

  • le M11, module d’Accompagnement au Projet Personnel et Professionnel. Il s’agit , à travers un projet sur l’éloquence, d’accompagner les jeunes dans leur démarche et dans leur construction en tant qu’individu devant prendre part à leur formation et à leur avenir professionnel et personnel.

 

  • Et ce, en travaillant une posture orale, la confiance en soi, l’expression argumentative (avec une enseignante de lettres, associée au projet).

 

Les étudiants ont ainsi appréhendé à la fois des techniques d’écriture argumentative et la communication non verbale, via une approche théâtrale.

 

Loin d’être un élément accessoire dans un échange, la communication non verbale assume des fonctions essentielles qui, associées au verbal, produisent une communication globale.

 

Les enseignantes ont tenté de leur transmettre combien les gestes, mimiques, regards, postures, … sont là pour appuyer ou accompagner le discours.

Une plongée dans un bain de rencontres, d’expériences associatives

En deuxième année, une semaine banalisée a été programmée pour « plonger » les étudiant.e.s dans une dynamique d’immersion réflexive :

 

  • ateliers animés par l’association Kurioz sur les 4 volets de leur sujet : ODD / inégalités / libertés / pouvoir d’agir ;
  • rencontres avec une militante de la ZAD Notre-Dame-Des-Landes,
  • avec un animateur nature de la LPO,
  • avec les responsables de l’Atelier du Soleil et du Vent de Lusignan pour réfléchir respectivement à la notion d’un « territoire vivant », à la prise en compte de la biodiversité au sein d’un projet de territoire, à l’invention d’un quotidien « bas carbone »…

 

Puis, projections de documentaires perlées, voyage d’étude dans le Gers auprès d’acteurs engagés, tout a été fait pour aider les étudiants à se construire un corpus d’informations et de connaissances.

 

Ils ont ensuite rédigé des textes exprimant leur vision du monde actuel et futur ;  textes qu’ils ont travaillés pour être dits et non lus.

 

« Ça nous a appris à mieux nous exprimer, à défendre un point de vue, à savoir argumenter avec convic­tion. Demain, dans le cadre professionnel, ça nous aidera à porter des projets », assurent les jeunes.

 

L’éloquence au service de compétences professionnelles futures

Les étudiant-e-s en BTSA DATR sont formé-e-s à être des professionnel-le-s polyvalent-e-s intervenant aussi bien dans l’animation des territoires, le montage de projet ou la gestion d’une structure.

 

Ce panel d’activités exige des capacités d’expression et de communication importantes et des capacités de compréhension du monde, d’analyse et d’argumentation indispensables pour s’adapter à l’évolution des modes d’organisation d’une société.

 

Les étudiant-e -s en 2ème année sont pour la plupart à l’orée de leur vie professionnelle. Un concours d’éloquence leur offre une situation réelle de plaidoirie.

S’inscrire dans cette dynamique, c’est donc défendre l’idée selon laquelle la parole est le socle de la vie en société et de toute interaction humaine ; c’est mettre la prise de parole au service du développement personnel des individus en vue de promouvoir une société harmonieuse, dans le respect de chaque personne qui la compose.

 

Et pour ne rien gâcher, trois jeunes étudiantes du lycée Kyoto sont sélectionnées pour la demi-finale, qui se tiendra prochainement à Poitiers.

 


En savoir +

Le Réseau Associatif pour le Développement et la Solidarité Internationale – Nouvelle-Aquitaine (RADSI Nouvelle-Aquitaine) : https://www.radsi.org/expose

 

Partenaire et soutiens financiers

Le dispositif Radsi prend en charge 12h d’intervention.
Le lycée a pris en charge les frais de transport de l’intervenante.
Les rencontres ont été prises en charge grâce à une subvention du Conseil Régional octroyée à une éco responsable du BTSA DATR2 qui a déposé un projet dans le cadre de l’AMI « Sciences grandeur nature ».

 

+ d’infos

Anne-Lise Lisicki, enseignante d’Education Socioculturelle, lycée Kyoto de Poitiers, anne-lise.lisicki@educagri.fr