Théâtre Pancarte, Oser dire autrement

Avec les élèves de CAPA SAPVER – Lycée La Brie à Monbazillac

Une expérience artistique et humaine où les élèves apprennent à s’exprimer sans parole, en développant leur présence, leur confiance et leur relation à l’autre.

Dire sans parler

Au lycée agricole La Brie à Monbazillac, les élèves de CAPA SAPVER ont fait l’expérience d’une forme théâtrale singulière, où l’on apprend à dire sans parler. Dans le cadre des enseignements en éducation socioculturelle, et en partenariat avec la compagnie Dromosphère et l’auteur et metteur en scène Gianni G. Fornet, ils explorent une autre manière d’entrer en relation, de se dire et de faire groupe.

Une pancarte se lève.

Un mot apparaît : « peur ».

Un autre répond : « espoir ».

Pas un mot prononcé — et pourtant, tout circule.

Les mots ne sont plus dits : ils s’écrivent, se portent, se montrent. Le corps prend le relais, le regard s’intensifie, le silence devient langage.

Trouver sa place

Une consigne guide le travail : observer la réaction du public. Regarder celui qui lit, ressentir ce qui se joue, ajuster sa présence.

Peu à peu, chacun trouve sa place.

Ceux qui hésitent à parler s’expriment autrement.

Ceux qui restent en retrait s’engagent.

Le groupe se construit dans l’écoute.

Au fil des ateliers, les élèves apprennent à coopérer, à s’ajuster et à faire confiance. Une dynamique collective émerge, où chacun contribue à une création commune, sans hiérarchie de parole, mais dans une circulation sensible des présences et des intentions.

Une forme artistique singulière

Le Théâtre Pancarte ne constitue pas seulement une alternative à la parole : il interroge ce que signifie « dire » au théâtre. En remplaçant la voix par l’écriture visible et la présence, il transforme le mot en geste, en image et en relation. La pancarte devient un objet esthétique à part entière, entre signe et matière. Le dispositif imaginé par Gianni G. Fornet s’apparente ainsi à un protocole artistique autant qu’à une forme théâtrale : un cadre structuré qui permet l’émergence d’une parole collective, située, et toujours en devenir.

Entre la fixité de l’écrit et le mouvement du corps, une tension s’installe : le sens ne se récite pas, il se construit dans l’instant. Le dispositif s’apparente à un protocole artistique, permettant l’émergence d’une parole collective progressive et partagée.

Le théâtre comme rencontre

Les restitutions donnent toute leur force à cette démarche. À l’école primaire de Monbazillac, les élèves apprennent à capter l’attention d’un jeune public. À l’EHPAD de Sigoulès, ils découvrent une relation plus lente et plus sensible. Dans ces moments, le théâtre devient rencontre. Un regard qui s’accroche. Un sourire qui répond.

Les élèves prennent alors conscience de ce qu’ils sont capables de transmettre. Et l’on comprend, à cet instant précis, que le théâtre ne commence pas quand on parle — mais quand quelque chose, en silence, parvient à être entendu.

Avec le Théâtre Pancarte, ils ont appris à dire sans parler, à exprimer sans s’exposer brutalement, à construire une parole à plusieurs voix. Une expérience à la fois esthétique et humaine, où l’on découvre que parfois, le silence n’est pas une absence — mais une forme pleine, habitée, profondément vivante.


en savoir +

La Compagnie Dromosphère http://www.melkiortheatrelagaremondiale.com/?page_id=95

Partenaires et soutiens

École primaire de Monbazillac – EHPAD de Sigoulès – Lycée agricole La Brie, Monbazillac

+ d’infos

Isabel Mendes, enseignante en ESC, Lycée La Brie – Monbazillac – isabel.mendes@educagri.fr